Étude en blonde, première partie

Publié le par Scribe

Hier que j'étais occupé aux toilettes à faire ce que généralement l'on fait dans ce genre d'endroit, mon regard nonchalant se posa sur un ouvrage qui, après avoir erré dans diverses pièces sans trouver sa place, avait finalement échoué au petit coin, ce qui somme toute était assez approprié. Car en effet, ce livre était l'exemple typique du "livre de chiottes", de ceux que l'on feuillette entre deux efforts sphinctériens et qui à l'occasion peuvent palier un déficit péculier (oui oui, péculier, du latin pecus, pecu : papier toilette). Le format et la couleur de la couverture ne laissent d'ailleurs aucun doute sur cette dernière utilisation, jugez plutôt la bête, taille réelle :


Avec appréhension, je saisis l'ouvrage et le feuilletai au hasard, m'arrêtant sur quelques blagues qui me laissèrent sceptique, aussi sceptique que semble l'être la blonde de la couverture, mais ne vous y trompez pas, elle ne pense pas car c'est une blonde, les blondes n'ont pas de cerveau, ahah (voilà, vous cadrez déjà le niveau intellectuel du bouquin). Merde, c'est donc une fausse sceptique (là vous cadrez mon niveau intellectuel).
Je pris la décision que décidément, ce Spécial Blondes méritait une analyse approfondie, loin des turpitudes de ces lieux nauséabonds. Par chance, j'étais seul aux toilettes, ce qui me permit d'emporter l'ouvrage sans éveiller les soupçons.

Bien installé sur mon lit, je pus me livrer à une lecture plus sereine. Après avoir parcouru une bonne part des historiettes humoristiques, je parvins à un double constat :
  • D'une part, que sorti de son rôle d'aide à l'évacuation des besoins naturels, le livre de chiottes perdait sans doute une bonne part de son potentiel comique. Puis, me rappelant que le rire ne s'était pas non plus manifesté sur le trône, je révisai mon jugement pour en conclure à la grande faiblesse littéraire de l'ouvrage. Pour être plus clair, c'était un ramassis de vannes daubesques, aussi drôles qu'un Bigard bourré, avec quand même l'avantage de ne pas risquer de se faire vomir dessus.
  • D'autre part, que l'emploi du passé simple à la première personne était quand même fort chiant à la longue, je décidai donc d'opter pour un banal présent pour finir cette critique littéraire.

Avant d'entamer une analyse poussée du fond, attardons nous un instant sur la forme.
Passons sur l'illustration de couverture, médiocre sans être trop affligeante (on trouve des qualités où on peut) pour jeter un œil sur la maison d'édition. First, les célèbres éditions First, mondialement réputées. First... premier... premier sur quoi ? Pas sur l'humour en tout cas.
Plus intéressant encore, l'auteur. Laurent Gaulet. C'est pas possible un nom comme ça quand on sort un bouquin de vannes. Je parie que son deuxième prénom c'est Harry.

Par curiosité, j'ai tapoté son nom dans Google. Paf, premier lien, la Fnac, Philippe Manoeuvre serait content. Je clique et me voilà face à la production littéraire du bonhomme. Bigre, c'est impressionnant. Quelle vie mes amis, quelle vie doit avoir ce cher Laurent. Soit il a eu une enfance malheureuse et y'a eu des séquelles, soit il avait besoin d'un job, il était à la rue, pas mangé depuis 3 jours, c'était ça ou agresser une vieille. Non parce que je ne comprends pas comment on peut décemment faire à la fois un recueil sur les Blagues 100% Beaufs, un sur Kiki la cocotte qui spécule sur un caraco militaire, un autre intitulé L'Officiel de l'humour 2008 (rien que le nom fait froid dans le dos, heureusement c'est fous rires 100% garantis. Si on rit pas, on est remboursé ?), et d'autres encore tels Achille le Chien, Tutti la Tortue, Sacha le Chat ou Anal le Chacal, comment faire tout cela, disais-je, en étant en pleine possession de ses facultés mentales. Une énigme pour la science. Tremble Victor Hugo, Laurent Gaulet, dit Lolo pour les intimes, est sur tes traces.

Un dernier élément intéressant enfin avant d'entamer l'étude du contenu à proprement parler. Il réside dans les pages de garde de l'ouvrage, c'est un avertissement, prévenant que toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'Auteur [notez la majuscule] ou de ses ayants cause est illicite et constitue une contrefaçon blablabla.
Il faut quand même un culot assez flamboyant pour primo oser sortir cette petite merde (non, grosse merde en fait, 158 pages), et secundo mettre en garde contre la reproduction illicite, quand on sait que 90% des blagues contenues à l'intérieur ont été piquées sur Humour.com ou un site beauf équivalent. Enfin bon, si Monsieur l'Auteur l'exige, je m'incline.

La suite bientôt... (edit : la suite est ici !)

Note : je dédis ma catégorie humour, que j'inaugure par le présent article, à Laurent Ruquier, d'abord parce qu'il a le même prénom que notre ami l'Auteur Gaulet, ensuite parce que c'est quand même le roi de la déconne, sa dernière blague sur Pascal Sevran était terrible, fallait oser.

Publié dans Laurent Ruquier

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