♫ Godspeed You! Black Emperor - East Hastings [11]

Publié le par Scribe




Album
F♯A♯∞

Date
1998

Morceau coincé entre
Eagle Fly Free de Helloween et Easy Money de King Crimson

Un œil sur la pochette

L'anecdote
Au départ, il y a cet homme qui déclame dans la foule, au milieu de la circulation automobile, des paroles incompréhensibles à la gloire de Jésus Christ. Et puis une cornemuse chante, effaçant la clameur de l'homme. Et la guitare s'installe, doucement, et le voyage commence. Difficile de savoir ce que raconte le morceau, chacun est libre d'y imaginer ce qu'il veut. Moi j'y vois un périple nocturne dans une ville, une ville désertée, aux grandes rues froides, une ville bordée par de grandes steppes arides, et le vent de la campagne s'engouffre dans la ville abandonnée.
Pour l'anecdote (car c'est quand même un peu le but originel de cette section), une partie de ce morceau a été utilisé dans le film 28 Jours plus tard de Danny Boyle. Ah, on me signale en fait que la vision que j'ai en écoutant la musique est très proche de l'utilisation qui en a été faite dans le film en question : marrant comme coïncidence, faut croire que la musique est très parlante...

S'il faut un mot de la fin
Le groupe québécois Godspeed You! Black Emperor s'est formé en 1994, à l'époque sous le nom de Godspeed You Black Emperor! (oui, le point d'exclamation a son importance). Le groupe auto-produit d'abord sur cassette audio et à une poignée d'exemplaires un premier enregistrement, et, en 97, sort une première édition vinyle de F♯A♯∞, qui sera finalement réédité l'année suivante en CD après quelques modifications dans les morceaux. J'aime beaucoup les compositions de ce groupe, librement étendues sur la durée pour laisser se développer des ambiances essentiellement instrumentales. GY!BE n'a jamais beaucoup communiqué auprès des médias, et reste un groupe assez mystérieux, bien que très engagé politiquement. Leurs chansons traduisent les bouleversements de notre monde, l'incompréhension de l'homme perdu dans des réseaux ultramodernes aux tentacules multiples, l'aliénation de l'homme par l'homme. Bien que leur critique sociale soit radicale, les mots leur sont superflus ; dans leurs morceaux parlent pour eux des gens interviewés ou des extraits sonores de radio ou de télévision, leurs pochettes très belles et très travaillées et les textes que l'on peut y lire, parle enfin et surtout leur musique, d'une vérité et d'une justesse rares.

Publié dans Une musique - un jour

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Jumbo 29/04/2009 00:25

J'aime aussi beaucoup cet album... Plutôt qu'une ville déserte, j'y vois ce que laisse deviner la pochette : du béton, une autoroute, des lampadaires, un paysage banal qui défile, un voyage...

Yann 24/12/2008 16:27

Je suis pas spécialement fan de ce groupe mais je trouve ce morceau très beau: cette espèce de simplicité hypnotique, ces rythmes scandés... c'est vraiment somptueux.